Prise de position - Votation cantonale du 14 juin 2026

Les membres de la section vaudoise de la Fédération Suisse des Entreprises (FSE) ont pris position clairement : 80% des membres vaudois ayant répondu au sondage préfèrent le contre-projet du Conseil d'État aux initiatives sur le salaire minimum cantonal. Cette approche est considérée comme la solution la plus équilibrée pour protéger les travailleurs précaires tout en préservant la compétitivité des entreprises vaudoises.
Pourquoi ce soutien ?
Le contre-projet répond aux défis centraux :
- Protection des travailleurs sans rigidité excessive : Un salaire minimum légal est instauré, offrant un filet de sécurité là où aucune convention collective étendue ne s'applique, sans imposer un seuil uniforme qui pénaliserait les secteurs à faible marge.
- Respect du partenariat social : Les conventions collectives de travail (CCT) étendues restent prioritaires, préservant le rôle des partenaires sociaux et leur capacité à négocier des conditions adaptées à chaque branche.
- Flexibilité économique : Le montant est réévalué annuellement par le Conseil d'État en fonction de la conjoncture, permettant une adaptation aux réalités économiques plutôt qu'une indexation automatique rigide.
- Un cadre pragmatique : Le contre-projet tient compte de la diversité des situations — secteurs, régions, types de contrats — sans uniformiser ce qui ne doit pas l'être.
Sur la base de ces arguments, la Fédération suisse des entreprises recommande de voter NON aux initiatives et OUI au contre-projet le 14 juin 2026.
L'essentiel en bref
Le 14 juin 2026, les électrices et électeurs vaudois se prononceront sur deux initiatives populaires – constitutionnelle et législative – intitulées « Pour le droit de vivre dignement de son travail – pour un salaire minimum cantonal », ainsi que sur le contre-projet législatif du Conseil d'État.
La proposition (initiatives)
Inscrire dans la Constitution et dans la loi vaudoise un salaire minimum cantonal de CHF 23.–/heure, s'appliquant à tous les employeurs du canton. Ce montant serait indexé automatiquement sur l'indice des prix à la consommation (IPC) et primerait sur toutes les formes de contrats, y compris les conventions collectives de travail (CCT).
Le contre-projet (Conseil d'État, soutenu par la majorité du Grand Conseil)
Instaurer également un salaire minimum légal, mais de manière plus souple : le montant serait réévalué chaque année par le Conseil d'État selon la conjoncture économique, les CCT étendues resteraient prioritaires sur ce seuil légal, et plusieurs catégories de travailleurs supplémentaires seraient exemptées (moins de 25 ans en formation, jobs de vacances, babysitting, travail sur appel, membres de la famille, etc.).
Les arguments « pour » les initiatives
Environ 5 % des salariés vaudois gagnent aujourd'hui moins de CHF 23.–/heure, proportion atteignant 20 % dans l'hôtellerie-restauration et plus de 25 % dans les services personnels. Un seuil uniforme, simple et contrôlable s'appliquerait à tous les travailleurs sans exception — y compris dans les secteurs couverts par une CCT si celle-ci prévoit un salaire inférieur. Il garantirait ainsi à chacun de couvrir ses besoins essentiels sans recourir à l'aide sociale et réduirait les inégalités salariales hommes-femmes.
Les arguments « pour » le contre-projet
Ce dernier maintient la primauté des CCT étendues sur le salaire minimum légal, préservant ainsi le rôle central des partenaires sociaux et la capacité des branches à négocier des conditions adaptées à leurs réalités. Le salaire minimum légal n'interviendrait pleinement que là où aucune CCT étendue n'est applicable. Cette approche flexible tient compte des réalités économiques sectorielles et régionales, et évite de faire peser un risque uniforme sur les secteurs à faible marge comme la restauration ou les services personnels.
La position des autorités
Le Conseil d'État et la majorité du Grand Conseil (Vert'libéraux, PLR, UDC) recommandent de rejeter les initiatives et d'accepter le contre-projet législatif.