Viva Futura à Buchillon : quand la durabilité reprend de l'élan
Une soixantaine de participants, des dizaines d'initiatives inspirantes, trois débats de fond et une bonne dose d'humour pour poser le décor.
Voilà ce qu'était Viva Futura – une soirée sur la durabilité en entreprise pensée pour celles et ceux qui s'y engagent au quotidien au sein de leur entreprise et qui, parfois, ont besoin de se rappeler pourquoi.
Fatigué·e du backlash ? Vous n'étiez pas seul·e.
Matthieu Machin a ouvert la soirée avec une introduction sans filtre : la durabilité fatigue, le backlash est réel, et l'été 2025 n'a pas arrangé les choses avec une Suisse en mode « four à raclette » sous la canicule.
Mais plutôt que de sombrer dans le cynisme climatisé (on l'a déjà dit, on ne parlera toujours pas de climatiseurs), Mathieu a vite recentré le débat : il n’y a pas de solution unique à tous les problèmes de la planète. Plutôt, la durabilité, ça se joue tous les jours, en entreprises comme aux urnes et ailleurs. Et on peut s'engager de maintes façons – par exemple par l'humour, car il remue, il dérange, et il fait réfléchir d’une autre manière qu'un graphique.
Des signaux forts du terrain – en Suisse et ailleurs
La durabilité, elle, ne s’arrête donc pas aux nombreux défis. Des avancées concrètes et initiatives inspirantes, il n’en manque pas, ce que plus d’une vingtaine d’intervenant·es ont démontré en partageant une multitude de « bonnes nouvelles » d’ici et d’ailleurs :
- Transition énergétique : La production solaire bat de son plein et permet même de torréfier du café artisanal et bio en Suisse. La loi vaudoise sur l’énergie permettra au canton d’atteindre ces objectifs climatiques dans le secteur de l’immobilier.
- Économie circulaire : Les consignes sont de retours dans nos pays voisins. À Yverdon et ailleurs en Suisse romande, la valorisation et la seconde main démontrent que la circularité crée des emplois locaux. Les modèles axés sur la valeur locale prouvent leur viabilité économique, tout comme les ordinateurs qui reçoivent une nouvelle peau ou encore les fleurs d’ici, sans pesticides et sans importations.
- Impact social : Des projets de réinsertion par le travail réconcilient responsabilité sociale et performance opérationnelle, et l’écologie intérieure permet de régénérer l’écosystème le plus important.
Les quelques vingtaine d’initiatives partagées au fil de la soirée nous rappelle que la transition n'est pas un concept théorique, mais une transformation déjà à l'œuvre à travers l’économie suisse.
Trois débats au cœur des enjeux d’entreprise
La soirée ne s'est pas contentée de célébrer. Trois discussions animées ont permis d'aller au fond des sujets qui traversent nos organisations :
- La durabilité désirable en entreprise : comment dépasser la contrainte pour en faire un levier d'attractivité auprès des clients et des collaborateurs ?
- IA et transition énergétique : ce débat se résume trop souvent à la consommation énergétique de l'IA – qu’en est-il de sa valeur pour accélérer la transition ? L'exemple de systèmes capables de conseiller une meilleure gestion de l'eau à partir des meilleures pratiques mondiales donne une idée de ce qui est possible. La discussion a montré que la réponse n’est ni noir ni blanc – mais un horizon à élargir.
- Durabilité et désinformation : comment construire un consensus solide quand le terrain est miné ?
La Demeure des Bois Chamblard, ancienne demeure du pionnier de l'écologie Charles-Erico Nicola, n'était pas un choix anodin. De par son investissement de longue date dans la préservation de la biosphère environnante, elle offrait une démonstration silencieuse de ce dont on parlait à l'intérieur : une économie qui prélève sans épuiser, qui pense en générations plutôt qu'en exercices annuels.
Sport d'équipe, comme dirait Matthieu Machin. Et l'équipe était là.
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